A Tours, un pont nommé Wilson

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Depuis la fin de la première guerre mondiale, le plus ancien et le plus prestigieux pont de Tours, qu’on appelait jusque-là tout simplement le « Pont de pierre », porte le nom du président américain Thomas Woodrow Wilson (1912-1920).

Il s’agissait, par cette décision symbolique, de remercier les États-Unis d’avoir envoyé leurs soldats combattre à nos côtés, ces fils de l’Oncle Sam ( les « sammies ») qui, avant de monter au front, faisaient un séjour à Tours. Située à mi-chemin entre les zones de combat et les ports de l’Atlantique où débarquaient les troupes américaines, la ville de Tours avait été choisie comme base arrière par l’état-major. Les services de l’Intendance y avaient installé de vastes entrepôts et des ateliers dans lesquels une main-d’œuvre locale, essentiellement féminine, préparait et réparait les uniformes ainsi que différents matériels.

D’autre part, l’aviation américaine utilisait largement l’aérodrome de Parcay-Meslay, notamment pour l’entraînement de ses pilotes.
Pendant ces derniers mois de la guerre, Tours vécut vraiment à l’heure américaine. Dans les rues, les cafés, les restaurants, on s’était habitué à côtoyer ces grands jeunes gars à l’allure dégingandée et au large sourire. Et le dimanche, les Tourangeaux se pressaient sur le Boulevard Béranger pour assister aux concerts donnés par la musique de l’U.S Army..
On estime que, pendant cette période, environ un million d’Américains transitèrent par Tours..

Outre le nom du président Wilson donné au pont sur la Loire, une fontaine monumentale sera érigée en 1937, sur le quai, près de la bibliothèque municipale, en souvenir de la présence à Tours de l’armée américaine..

B.B