Ce jour-là : 5 octobre 1918, Roland Garros est abattu près de Vouziers

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Roland Garros est un aviateur dont le nom est connu depuis qu’il a réalisé le premier la traversée aérienne de la Méditerranée en 1913. Pendant la 1ère Guerre mondiale, il a mis au point une technique permettant le tir à travers l’hélice d’un avion de chasse, ce qui était une invention importante à cette époque.
Lieutenant pilote, il est mort dans un combat aérien le 5 octobre 1918 à Saint-Morel près de Vouziers. Un peu plus d’un mois avant l’armistice mais à cette époque on ne le savait pas encore… Il avait 30 ans à un jour près…
Et si nombreux sont ceux qui croient que c’est un célèbre joueur de tennis, j’affirme ici le contraire ! Il aimait certes le tennis, en amateur, et était licencié au Stade français. En 1928 on a construit un stade auquel on a donné son nom pour accueillir les Internationaux de France et la coupe Davis (remportée par la France contre les USA 3 à 2…). Les Internationaux de France adoptent le nom du stade et Roland Garros devient l’un des 4 plus grands tournois au monde. Il fallait que vous sussiez cela…
Revenons à l’aviateur…
S’il s’intéresse d’abord à l’automobile, puisqu’il ouvre à 21 ans une boutique à l’enseigne « Roland Garros automobiles-voiturettes de sport », près de l’Arc de Triomphe, c’est en assistant à Sapincourt près de Reims à la Grande Semaine de l’Aviation de la Champagne qu’il a la révélation : il sera aviateur ! Avec les bénéfices de son commerce automobile, il achète l’avion le moins cher de l’époque : une Demoiselle Santos-Dumont au prix de 7 500 francs… (le Blériot XI valait 5 fois plus cher…) Il apprend tout seul à piloter car il n’existe pas encore d’école pour cela.
Il participera à différents meetings, obtenant quand même son brevet de l’Aéro-Club de France en 1910, N° 147… Il part pour une tournée en Amérique, ce qui lui permet de se perfectionner das l’art du pilotage par tous les temps.
Revenu en France en 1911, il participe à diverses courses et devient le premier recordman d’altitude avec 3 950 m. Ce premier record le place parmi les meilleurs dans sa spécialité. Il prend part à des spectacles d’évolutions aériennes.
Il participe à une grande tournée en Amérique du Sud et organise au Brésil une semaine d’aviation destinée aux militaires. A ce titre, il peut être considéré comme l’initiateur de l’aviation militaire brésilienne.
Son premier grand succès, il l’obtiendra à Angers en 1912 : 1 100 km, Angers-Cholet-Saumur-Angers, à parcourir 7 fois en 2 jours. Il remporte brillamment le circuit de l’Anjou et est appelé « le champion des champions ».
Il bat son record d’altitude de 1 000 m et devient pilote d’essai de la jeune firme Morane-Saulnier. Son record ayant été battu, il le bat à nouveau, cette fois sur Morane-Saulnier, mais à Tunis : 5610 m.
Mais c’est le 23 septembre 1913 qu’il passe à la postérité pour sa première traversée aérienne de la Méditerranée, de Fréjus à Bizerte, en un peu moins de 8 h. Cet exploit fera de lui la coqueluche de la France.
En juin 1914, il participe au meeting de Vienne mais les événements vont aller vite et Garros a juste le temps de rentrer en France avant la fermeture des frontières.
Tout naturellement il sera pilote de guerre alors que, né dans une colonie (La Réunion), il ne doit aucun service militaire. Il participe à des missions d’observation, de reconnaissance. A cette époque, l’armement des avions est inexistant, une mitrailleuse serait trop lourde… Le pilote est armé d’un pistolet et l’observateur d’une carabine… On n’a pas résolu le tir à travers une hélice. Garros imagine un système qu’il expérimentera lui-même. Il met au point en 1915 le premier chasseur monoplace de l’histoire armé d’une mitrailleuse qui tire dans l’axe de l’avion à travers l’hélice. Il peut être considéré comme l’inventeur de l’avion de chasse monoplace.
Sur un Morane-Saulnier type L « parasol » auquel il a adapté son dispositif de tir, il remporte en avril 1915 trois victoires consécutives, qui seront pour l’ensemble des forces alliées les 4è, 5è et 6è victoires aériennes, remportées par un homme seul aux commandes d’un monoplace.
Une panne malencontreuse l’oblige à atterrir en territoire ennemi en avril 1915. Fait prisonnier, et bien qu’étroitement surveillé, il réussit à s’évader au bout de 3 ans. Son système sera étudié et amélioré par les Allemands.
Il se remet au travail pour retrouver son niveau, car les appareils et les méthodes de combat ont changé radicalement en 3 ans. Le 2 octobre 1918 il remportait sa 4è victoire et le 5, la veille de ses 30 ans, lors d’un combat contre un Fokker D. VII, son Spad explosait en l’air et s’écrasait sur le territoire de la commune de Saint-Morel dans les Ardennes.
Il est enterré à Vouziers.

Gérard Nédellec