Connaissez-vous le sept-sept ?

/ Anjou / / Contes et Légendes /

Le sept-sept est le nom usuel du 77e de ligne qui tenait garnison à Cholet… Cela vous indique que ça date un peu…
Et voici ce qu’on écrivait à ce sujet il y a pas mal de temps…

« C’est un exemple, entre mille, de la manière envahissante qui consiste à défigurer, en les abrégeant, tous les vocables un peu longs : rata, auto, vélo, tram, accu…
« De cette même manie procède la mode actuelle de désigner une institution, une société quelconque, par les initiales des mots qui en forment le nom. Il n’est aujourd’hui si petit groupement local qui ne veuille posséder son symbole littéral. Nous n’avons plus seulement, comme autrefois, quelques emblèmes abréviatifs, que tout le monde connaissait : P.O. ou P.L.M… Nous avons vu venir les P.T.T. , les T.C.F., les C.A.P… Les journaux, petits ou grands, sont encombrés de ces hiéroglyphes dans lesquels le bon public se perd ; la langue française tourne de plus en plus à l’iroquois monosyllabique et agglutinatif, et notre écriture au système idéographique chinois… »

A la lecture de ce court texte, où l’auteur déverse sa bile sur les sigles, je ne puis m’empêcher de penser à ce qu’il dirait s’il revenait sur terre en notre début de XXIe siècle.
Il est vrai que les sigles nous ont complètement envahis et qu’on entend à longueur de journée une énumération de sigles tous aussi abstrus les uns que les autres…
Dès qu’une société ou un organisme quelconque voit le jour, il est désigné uniquement par son sigle, et tant pis pour les ignares qui ne comprennent pas…
Quant aux apocopes que l’auteur évoque en nommant « le rata »… on en est bien loin …

On utilise une sorte de sabir à base d’apocopes et de sigles : on a une bagnole qui a l’ABS, la clim, un coefficient de CX intéressant ; le magnéto qui va avec la télé passe des cassettes VHS ou mieux maintenant, des DVD ; l’appareil photo a un capteur CCD de 14 millions de pixels et il prend des photos en 3 D…
J’en passe… S’ajoutent à cela des mots anglais qui élèvent nettement le débat, et le vulgum pecus n’y comprend plus rien, qu’on me pardonne ce barbarisme…
Rassurez-vous : cela ne date pas d’hier !

Gérard Nédellec

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on PinterestEmail this to someone
partagez !