Costumes traditionnels d’Auvergne

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Les femmes de Riom passaient pour plus intelligentes, plus vives et plus alertes que les hommes ; aussi laborieuses qu’eux, elles partageaient leurs travaux les plus pénibles, ce qui ne les dispensaient pas d’être excellentes mères et tendres épouses.

Le type de la femme est assez joli ; la physionomie est douce ; les yeux noirs, les cheveux bruns rappellent le Midi. Elles sont petites, robustes, bien, prises dans leur taille.

Autrefois, leur costume était très pittoresque : un corset de velours noir retenu par des agrafes et lacé de rubans rouges ; les manches plates, demi longues, en laine de couleur ou en étoffe brochée ; le jupon court, relevé et bordé de galons de velours ; enfin la coiffe blanche – ou le bonnet de bergère – et le fichu, complétaient la toilette d’une paysanne aisée.

Les hommes portaient le dimanche un chapeau noir dont la forme a varié avec les époques ; ce fut un bicorne en bataille ou en frégate, puis un chapeau à larges bords. L’habit se composait d’une longue veste de drap blanc aux basques plissées, d’un gilet également long, de la culotte courte et des guêtres-jambières de même tissu. Mais, hélas, ce qui constituait l’originalité et la poésie de nos faubourgs s’est effacé et il n’en reste à peu près rien.

On donnait presque exclusivement le nom de brayauds et de brayaudes aux habitants des communes de Riom et de Combronde : Châtel-Guyon, Saint-Hippolyte, Saint-Bonnet, Davayat, etc., qui, les derniers, en Auvergne, ont conservé les costumes primitifs : pour les hommes, la veste courte, les longs cheveux, le chapeau à larges bords et la Braye ou culotte en laine blanche ; et pour les femmes : la coiffe blanche avec les deux pans descendant dans le dos qui leur donne l’aspect de religieuses.

Mais, malheureusement pour ceux qui aiment la couleur locale, ces costumes disparaissent peu à peu. Les Brayauds s’en vont, s’ils ne sont déjà tous partis ! Brayaud veut dire proprement : Vêtu de « Brayes » ou espèces de culottes larges qui couvrent depuis la ceinture jusqu’aux genoux.

On dit que quelqu’un qui s’est tiré sans encombre d’une mauvaise affaire : Il en est sorti les brayes nettes.

Les brayaudes portent sur la poitrine, au-dessus du tablier, un morceau d’étoffe qui porte le nom de « pièce ». Généralement, la pièce est de même étoffe que le tablier, mais les jours de fête, elle est faite d’une étoffe beaucoup plus riche et elle est rehaussée encore parfois de dentelles et de broderies d’or.

Jean de LACOSTE de LAVAL

Début du XXe siècle