Coutumes

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LE SERVANT
Autrefois dans l’Ain, on appelait « le servant » un vieux domestique qui est resté dans la maison, il s’attache surtout à panser les chevaux ; il leur donne à manger pendant la nuit, il les étrille, range les harnais, etc. Le servant est malicieux et se plait à faire des niches au valet d’écurie, il tresse les crins des chevaux de manière qu’il ne peut les défaire II lui fait mille peurs avec des chandelettes qu’il fait briller à ses yeux et le malin en rit jusqu’aux éclats.

LE SACRIFICE DU PORC
Au début du XXe siècle, en Bugey à l’occasion de la mort de Cochon, on envoyait quelque novice dans une maison fort éloignée chercher le levain des saucisses et la mesure des épanalets. La personne à laquelle il est adressé mettait dans une hotte une pierre énorme bien enveloppée d’un linge, et le pauvre commissionnaire revenait pliant sous le fardeau. La soirée se passait en éclats de rire sur sa mésaventure.

COUTUMES DE MARIAGE
A la fin du XIXe siècle en Bugey, Celui qui accompagnait le galant chez sa future portait le nom de trouille-bondon ou traîne-manteau. Quand le mariage était résolu, le père du jeune homme donnait des arrhes. Dès que la jeune fille les avait mis dans sa poche, elle ne pouvait revenir sur sa parole qu’en rendant le double de la somme acceptée.
Le premier dimanche des bans, le fiancé donnait un bal où l’on jettait des noix et des dragées. Quelquefois les noix étaient mises dans un sac bien lié, confié à un fier-à-bras qui le défendait contre les assauts des assistants. Le sac à la fin était dénoué ou déchiré, les noix étaient répandues, ce qui ne se faisait pas sans coups de poing et sans blessures.

ENTERREMENT
Autrefois, dans les campagnes de Bugey, dès qu’une personne était morte, les voisins accouraient pour entraîner chez eux les parents du défunt. C’est une femme du village, qui était chargée de coudre les morts, et les aiguilles dont elle s’était servie étaient recherchées par les sorciers qui les employaient dans leurs sortilèges.
Si le défunt savait lire, on l’ensevelit avec son livre de prières, et dans le cas contraire, avec son chapelet.
On faisait des fumigations de genièvre dans la chambre du défunt comme si elle avait été souillée par la mort.

LES DOMESTIQUES EN BRESSE
Autrefois, les domestiques mâles changeaient de maître le 22 février ; les servantes commençaient l’année le 25 mars. Ce jour-là, on voyait celles qui voulaient se louer en grand nombre sur la place du village, on les reconnaissait à leur tablier retroussé. Quand un domestique portait ses effets chez son nouveau patron, on disait qu’il « remue ses chats » et les enfants miaulent sur son passage.

LES ROIS
A Saint-Jean de Gonville, au début du XXe siècle, le jour de la fête des rois, on mettait sur une pelle à feu un peu chaude, deux feuilles de buis en donnant à l’une le nom d’un garçon, à l’autre le nom d’une fille; la chaleur faisait enfler et tourner ces feuilles ; si en se tournant sur la pelle elles s’approchaient l’une de l’autre, on disait qu’il y aura mariage.

LA CHANDELEUR
Autrefois en Bugey, le 2 février était jour de Purification. On faisait, avec la fumée du cierge, bénir des croix aux seuils des portes et des appuis de fenêtres. On conservait le cierge pour l’allumer en temps d’orage.

JOURS DE LA SEMAINE
Autrefois on disait dans l’Ain que « si une hirondelle passe sous le ventre d’une vache, son lait tourne en sang : elle est arrondalée. Si vous détruisez un nid d’hirondelle, une de vos bêtes deviendra boiteuse. »

REMÈDES
Sur le vieux carnet d’un paysan de l’Ain, on peut lire « Fièvre : mettre un oeuf dans une fourmilière et courir jusqu’à ce que le souffle vous manque. Verrues : Jeter une poignée de sel dans un four et se sauver assez vite pour ne pas l’entendre pétiller »

CONTRE L’ENSORCELLEMENT DES VACHES
Sur le vieux carnet d’un paysan de l’Ain, on peut lire « Pour mettre vos vaches à l’abri du sorcier, ne donnez jamais de lait sans y mettre un peu d’eau. Faites jaillir leur lait aux quatre points cardinaux en commençant à les traire. Mettez une pièce de monnaie dans la baratte. »
LES SORCIERS SUR LA MONTAGNE
Autrefois, les cimes du Jura, surtout la pointe de Piramouchon, étaient le rendez-vous des démons et des sorciers, leur assemblée est appelée sandegogue ou synagogue. De la montagne, la synagogue descendait dans les plaines pour danser des rondes ou la galope : elle s’arrêtait aussi aux carrefours des chemins. Les bergers suisses passaient pour fort habiles à jeter des sorts ou à les défaire.