Jean-Prouvost

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Jean Prouvost était un industriel du textile, propriétaire des Lainières de Roubaix, et un patron de presse important. On fête en ce moment le demi-siècle de Paris-Match dont il fut le génial créateur, mais on peut aussi citer Marie-Claire, Télé 7 Jours, Parents magazine, etc. Il entre au conseil municipal d’Yvoy-le-Marron. Bien que n’étant pas Solognot d’origine, il aime depuis de nombreuses années ce petit village de Sologne où il fait de fréquents séjours. Il deviendra ensuite le maire de la commune, de 1953 à 1976, à la grande satisfaction de la majorité des habitants.

Avec son équipe, active et efficace, il va faire entrer la commune d’Yvoy dans une période faste de progrès : électrification des lieux éloignés du bourg, alimentation en eau potable, après la découverte d’une nappe d’eau, construction d’une école, modernisation du terrain de sport… Tout cela va changer et améliorer la vie de cette bourgade.
De 1953 à 1976, Yvoy connaît donc une période magnifique sous l’égide de son maire Jean Prouvost. Profitant de ses nombreuses relations, il fera venir au Festival d’Yvoy-le-Marron, fête de grande renommée, les plus grandes vedettes. Toutes les stars de la chanson et du music-hall sont venues et plus de cinq mille personnes venaient les applaudir.

Le Festival d’Yvoy-le-Marron

Le grand Johnny, Gilbert Bécaud, Joe Dassin, Thierry Le Luron… ont au moins un point commun : ils ont participé au Festival d’Yvoy-le-Marron qui enthousiasma la Sologne de 1953 à 1976.
À chaque édition, ce n’était pas une vedette mais un plateau d’artistes prestigieux qui s’exhibait sur la scène de la commune solognote. Ce festival était un passage obligé pour ceux qui voulaient se faire un nom dans la variété. Jean Provost savait attirer les plus grands chanteurs du moment (il faut dire qu’il détenait une grande partie de la presse de l’époque) ; à titre d’exemple : Joe Dassin et Thierry Le Luron en 1971; Julien Clerc et Dalida en 1972 ; Serge Lama, Daniel Guichard et Jacques Martin pour une édition spéciale du Petit Rapporteur en 1975 ; sans oublier les concerts de Johnny Halliday en 1961 et 1962.

Les festivités commençaient le samedi soir par le grand bal du Moulin Rouge. À midi, le dimanche, Fabrice animait en direct sur RTL l’émission La case au trésor. Au cours de l’après-midi se déroulaient des animations sportives, puis à 21 heures débutait le grand gala. Au début, il se déroulait sur la place de l’Église. Une habitante d’Yvoy-le-Marron se souvient que lors du concert de Johnny dans le parc de la résidence du bourg, « les gens montaient sur les toits pour apercevoir le rocker ». Le gala fut ensuite donné sous chapiteau. Le prix de l’entrée était de 20 francs… Pour la promo, Jean Prouvost avait à sa disposition ce qui se faisait de mieux.

Un gala aussi fastueux devait coûter extrêmement cher. Pourtant la commune ne déboursait pas un denier. Bien au contraire, le programme bénéficiait de publicités de niveau national : Hermès, L’Oréal, Coca-Cola, Air France, Renault, Perrier, Havas…
Les bénéfices du gala servaient à financer le syndicat d’initiative d’Yvoy-le-Marron. Le village, grâce à cet événement exceptionnel, possédait une certaine notoriété. Le public se déplaçait de fort loin pour rire des histoires de Fernand Raynaud, pour fredonner les airs légers de Carlos ou écouter la voix de Mireille Mathieu. De Clermont-Ferrand à Paris, de la Bretagne à la Bourgogne, les festivaliers multipliaient par dix la population du village le dernier week-end de juin ou le premier de juillet.
En 1976, le décès de Jean Prouvost mit un terme au festival d’Yvoy.
Son envergure, son aura et sa gentillesse, appréciées de tous, firent de ce grand monsieur l’un des grands maires de la Sologne. Son souvenir est toujours vivace à Yvoy-le-Marron.

G.B.