La 4 chevaux

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4cv

La « 4 pattes » de la RNUR * de par Jany Huguet

La 4 cv fut produite à partir de 1947, ce qui en fait la première voiture produite en série dès la fin de la seconde guerre mondiale, et jusqu’en 1961.
Plus d’un million-cent-mille 4 cv furent fabriquées pendant cette période.

Une des particularités de cette voiture c’est qu’elle est équipée d’un moteur à l’arrière. En effet les études avancées de l’époque laissaient à penser que le moteur arrière était ce qui convenait le mieux pour le développement de l’automobile : traction arrière => moteur arrière !

Cette voiture a eu plusieurs surnoms :
– « la 4 pattes » parce que la publicité de l’époque insistait sur les 3 caractéristiques : 4 places – 4 chevaux – 4 cylindres ;
– « la boîte à savon » parce qu’elle était de petite taille par rapport aux voitures produites avant la guerre et que les premiers modèles avaient la couleur du savon, beige clair.
La société Renault Frères fut créée en 1899 par les frères Renault et notamment Louis Renault, et nationalisée par l’Etat en 1944, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Pierre Lefaucheux, centralien et ancien résistant, fut nommé directeur général en 1945, et c’est lui qui est à l’origine de la 4 cv, que chacun d’entre nous connaît dans la configuration qui fut commercialisée en 1947, même si dans les premières études elle n’avait que 2 portes.

En 1947 la fabrication de Renault se limite à une seule voiture : la 4 cv munie d’une motorisation limitée (748 cm3 – 17 chevaux – 4 chevaux fiscaux), conformément au plan Pons dont l’un des objectifs est la relance de l’industrie automobile. Pour Renault le slogan était « mettre l’automobile à la portée de tous ». Elle était fabriquée aux usines de Boulogne-Billancourt. La Dauphine ne fut fabriquée qu’à partir de 1955.
Nombre d’entre nous se souvien-nent de cette petite voiture et de ce qu’elle représentait : l’émancipation de la population, qui partait en vacances, avec parfois attelée à l’arrière une remorque monoroue bagagère. On en trouvait beaucoup à l’époque sur la Nationale 7.
Pour mémoire il faut rappeler que Pierre Lefaucheux, PDG de Renault, fut à l’origine des accords Renault de 1955 qui permettaient, au-delà des augmentations de salaire, la 3e semaine de congés payés.
Pierre Lefaucheux fut également un des premiers à introduire la notion de productivité dans l’entreprise ainsi que la participation aux bénéfices, inspirées par le modèle de Ford aux Etats Unis, et la 4 cv en est le résultat.

Tout au long de sa production la 4 cv eut très peu d’évolutions tant sur le plan de la carrosserie que sur celui de la motorisation.
Il faut noter :
– de 1947 à 1953 la voiture est équipée de 6 baguettes décoratives sur la face avant ; elle n’en aura plus que 3 à partir de 1954 et jusqu’à la fin de sa production ;
- une carrosserie équipée d’un toit ouvrant à partir de 1948 ;
– une 4 cv découvrable est apparue dès 1949.
Beaucoup se souviennent des 4 cv « pie » qui équipaient la police dans les années 1950.
En effet, l’augmentation de la circulation, liée aux nombreuses voitures acquises par les particuliers, nécessitait un équipement plus opérationnel pour la police.
Les 4 cv étaient peintes en deux couleurs, noir et blanc, pour être bien visibles, avec une motorisation augmentée et, particularité, une découpe des portières pour permettre une sortie plus aisée des contractuels.
En ce qui concerne l’aspect sportif la 4 cv s’est illustrée aux mains de pilotes expérimentés tels que les frères Rosiers ou Jean Redelé, notamment aux Vingt-quatre Heures du Mans en 1951, au Tour de France Auto dans les années 1950, à la Coupe des Alpes et au rallye Liège-Rome-Liège.
Citons pour mémoire quelques exemples de victoires :
– Mille Miglia 1952 : victoire de Jean Redelé dans sa catégorie ;
– Rallye de Monte-Carlo 1959 : victoire dans sa catégorie.
En 1955 Jean Redelé a couru les Douze Heures de Sébring aux USA au volant d’une 4 cv préparée.
Il y eut à cette époque plusieurs constructeurs indépendants inspirés par la 4 cv et qui en firent quelques exemplaires, soit pour la course soit pour le plaisir, avec une carrosserie personnalisée. On peut citer entre autres Brissonneau et Pichon-Parat.
Mais le plus significatif est surtout Jean Redelé qui créa le Coach A 106 sur une base de 4 cv Renault. Il s’agissait d’une ALPINE, 1ère d’une longue lignée de voitures de sport de compétition.

Pour la petite histoire c’est en mémoire de ses nombreuses participations à la Coupe des Alpes que Jean Redelé donna le nom d’Alpine à ses voitures.