La Coccinelle

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La voiture du peuple devint « Coccinelle » par Jany Huguet

Avant de s’appeler « Coccinelle » la voiture s’appelait Volkswagen, du nom de son constructeur.
On peut dire que c’est le constructeur Volkswagen qui donna naissance à la Coccinelle mais ce fut la Coccinelle qui fit la réputation de Volkswagen.
C’est Ferdinand Porsche, ingénieur, qui conçut la Coccinelle avant de devenir le célèbre constructeur des voitures de sport du même nom.

L’impératif était que ce soit une voiture accessible à tout le monde en Allemagne, tant par son prix que par son coût d’entretien.
L’objectif était que tout Allemand puisse avoir une automobile dans une Allemagne en plein développement économique

La Coccinelle a existé depuis 1938 et fut fabriquée jusqu’en 2003, soit pendant 65 années, avec de nombreuses évolutions tant technologiques qu’esthétiques.
Les caractéristiques techniques étaient un moteur 4 cylindres à plat à l’arrière de la voiture, une cylindrée de 985 cm3, 23 chevaux, à refroidissement par air, d’une boîte 4 vitesses et une suspension à 4 roues indépendantes.

Mais c’est sa carrosserie très particulière, en forme d’œuf, avec seulement 2 portières, qui démarquait la Coccinelle de toutes les autres voitures. Un autre aspect typique de la carrosserie est la lunette arrière en deux parties, appelée plus tard « split window » par les collectionneurs.
Les essais d’endurance de la nouvelle Coccinelle furent draconiens et après que plusieurs voitures aient accompli 2 400 000 km, sa réputation de robustesse était acquise et elle ne fut jamais démentie tout au long de sa carrière.

Mais la période n’était pas au développement automobile, car les perspectives dramatiques de la guerre commençaient à se faire sentir.
Les chaînes de fabrication de la Coccinelle furent uniquement dédiées à l’effort de guerre allemand et les véhicules produits étaient des véhicules militaires.
Le fonctionnement des usines Volkswagen redémarrera en 1946, mais ce n’est qu’à partir de 1948 que reprendra réellement la fabrication de la Coccinelle. Elle était équipée du même moteur de base mais avec une cylindrée supérieure soit 1 100 cm3.

À partir de 1953, la lunette arrière sera en une seule partie arrondie, mais il faudra attendre 1957 pour que la Coccinelle soit dotée de baies vitrées avant et arrière plus grandes pour assurer une meilleure visibilité.
En 1954 ce sera la Coccinelle 1 200, équipée du moteur de 1 192 cm3.
Sa robustesse et sa simplicité mécanique participeront de sa réputation de voiture « increvable ».
Elle sera équipée d’un moteur de 35 chevaux en 1960, tout en conservant la même base mécanique.

En 1968, une modification importante sera la disposition verticale des optiques de phares avant pour optimiser l’éclairage, puis en 1970 une forme plus arrondie du bas de coffre avant et du capot moteur arrière. La cylindrée du moteur sera portée à 1 300 cm3 sur la Coccinelle 1 302, puis à 1 500 cm3 et 45 chevaux sur la 1 303 à partir de 1972.
Elle sera ensuite équipée d’un pare-brise avant plus grand et bombé pour améliorer la visibilité.
Mais il faut noter que ces modifications esthétiques n’altéreront en rien son aspect général des débuts. C’est comme s’il s’agissait d’une évolution naturelle qui laissait à la Coccinelle tout son style si particulier. La tenue de route de la Coccinelle reste assez délicate du fait de la position du moteur à l’arrière, qui n’assure pas une répartition des charges idéale. Cependant la voiture ne roule pas très vite et cela ne pose pas de réels problèmes à ses utilisateurs.

Une autre remarque concerne la capacité du coffre. En effet, le coffre à bagages est à l’avant, et déjà bien amenuisé par le réservoir d’essence et la roue de secours. Il reste cependant la possibilité de mettre des bagages derrière les sièges avant.

Malgré les défauts inhérents à sa conception, la Coccinelle restera un cas à part dans le marché automobile et sera appréciée par plusieurs générations.
De nombreux étudiants ont roulé en Coccinelle dans les années 60. En effet, la voiture étant très robuste, elle vieillissait bien sur le marché de l’occasion et il était possible d’en acquérir une à petit prix.
Sur la plan sportif, la Coccinelle participa au Rallye de Monte-Carlo en 1951, mais sans grand succès. Ce n’était pas une voiture de sport.

La Coccinelle sera aussi popularisée grâce aux 5 films réalisés par les studios Disney à partir de 1969, où elle occupe le rôle principal, dont Un amour de coccinelle ou La Coccinelle à Monte-Carlo.
Chacun se souvient de la Coccinelle n°53, blanche avec deux bandes noires, qui n’en fait qu’à sa tête, au grand dam de ses pilotes, mais qui gagne néanmoins la course.
Dès 1949, une version cabriolet de la Coccinelle sera fabriquée, et ce jusqu’en 1980. C’est un modèle très recherché actuellement par les collectionneurs.
La Coccinelle fut fabriquée sur plusieurs continents, en Europe mais aussi aux États-Unis, en Amérique du Sud et en Afrique du Sud.

Elle aura été utilisée aussi bien par la famille pour partir en vacances que par l’un de ses membres pour aller au travail, mais aussi par celui ou celle passionné de planche à voile, de pêche ou de ski.
Tout le monde se souvient avoir vu passer la Coccinelle avec sur le toit soit une planche à voile, soit des skis, ou bien des cannes à pêche attachées sur le côté du pavillon.
À l’arrêt de la production en 2003, la Coccinelle aura été fabriquée à plus de 21 millions d’exemplaires.