La fête foraine

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La fête foraine est souvent fille de la foire. Au fil des ans, elle prend de plus en plus de place pour former finalement une manifestation à part entière. La fête foraine possède ses animations propres, tournées d’abord vers les loisirs, le rêve et l’émerveillement. Manèges, loteries, comédiens, musiciens, magiciens, cracheurs de feu et avaleurs de sabre… bref, des numéros en tout genre et pour tous les goûts. Les occasions de se rendre à la fête foraine ne manquent pas elles non plus : innombrables fêtes des saints, carnaval, 14 juillet institué fête nationale depuis le 14 juillet 1880, qui prend véritablement son essor pour le centenaire de 1889… Chaque région a son propre vocable pour désigner la fête : kermesse, ballade, frairie, vogue, apport, rapport, préveil ou riotée… la liste serait bien trop longue à énumérer.

La fête foraine, y compris les modestes assemblées de village, c’est aussi le bruit. Parades, fanfares, salves, coups de canon, feux d’artifice, pétards… la fête est le point culminant des réjouissances au milieu d’une année de labeur. On boit, on mange, on danse… les esprits et les corps se relâchent. Le plaisir et les affaires s’entremêlent et comme dit le dicton : « Mainte vache est vendue qui n’avait pu l’être à la foire ». D’autres genres d’affaires se concluent elles aussi à l’occasion des fêtes, les mariages en l’occurrence. Union des contraires, du mélange de l’ordre et du désordre où la banalité d’une marchande de gaufres confine à l’attraction d’un bien nommé « monstre de foire», la fête foraine est un lieu de passage de l’ordinaire à l’extraordinaire.

Lieu de tradition, la fête foraine est aussi celui où le progrès technique, les innovations scientifiques et les inventions aussi farfelues que géniales se donnent en spectacle. Le 14 juillet célèbre le progrès et la raison. Le public peut y assister à des démonstrations de montgolfières, de zeppelins, d’aérostats de tous types. La photographie, le cinéma des frères Lumière et celui de Méliès plus encore, touchent pour la première fois le public populaire lors des fêtes foraines. Les premiers courts-métrages, les premières actualités cinématographiques sont projetés sur un simple drap de fortune mais l’invention à elle seule suffit à fasciner, voire à apeurer l’assistance qui se bouscule petit à petit pour y assister. Du côté des jeux, les innovations sont également nombreuses : grandes roues, montagnes russes, train fantôme… rien ne manque pour épater grands et petits. D’ailleurs, les grands s’y adonnent bien souvent en plus grand nombre que les petits. La fête foraine, c’est l’oubli des âges. grands et petits, mais aussi riches et pauvres se côtoient dans ses travées. Contrairement aux idées reçues, les fêtes foraines ne sont pas à l’origine des divertissements populaires. Elles sont l’apanage de la moyenne bourgeoisie, mais peu à peu se démocratisent pour devenir un lieu de brassage.

C.C.