La Ford Mustang

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Ford Mustang,  le Cheval fougueux par Jany Huguet

Nous sommes au début des années 1960 et aux USA les jeunes en ont marre des grosses voitures américaines.
Ils attendent des voitures plus sportives, moins familiales, plus en rapport avec leur mode de vie, mais aussi avec leurs moyens financiers.
C’est alors que Ford, pour renouveler sa gamme, toucher une clientèle plus jeune et répondre à la demande, va sortir en 1964 la première sportive compacte : la Ford Mustang.

Cette auto va faire un « tabac » en Amérique et générer une mode, « la pony-car », qui va s’exporter rapidement outre Atlantique (le mustang est un petit cheval qui se dit « pony » en anglais).
Les autres constructeurs américains suivront rapidement cette tendance et produiront à leur tour une sportive, mais sans jamais atteindre l’aura de la Mustang qui va rapidement s’imposer comme « la » sportive américaine en Europe.

L’autre enjeu de cette production, c’est de pouvoir concurrencer les Italiennes (Ferrari – Maserati) et les Anglaises (Jaguar – Aston Martin), qui captent le marché en produisant une voiture dans un même segment, mais beaucoup plus chère.
Sur le plan technique la Ford Mustang sera d’abord équipée d’un moteur 6 cylindres en ligne de 2,8 l, puis ensuite le moteur de base sera un V8 dont la cylindrée évoluera rapidement pour passer de 4,2 l en 1964 à 7 l dès 1968.

De nombreuses options seront proposées à la vente, motorisation et finition, ce qui en fera une voiture accessible aux bourses plus modestes.
On peut noter en terme de finition le fastback équipé, en option, d’un intérieur cuir blanc, avec le dossier incrusté du cheval mustang en relief dans le dossier du siège, et du « rallye pack », un équipement avec compte-tours et boîte mécanique 4 vitesses.
L’une des Mustang de série à retenir, s’il en est, fut la « 289 high performance ».
Il s’agissait d’une Mustang équipée d’un moteur de 225 chevaux et d’un carburateur 4 corps. Un écusson 289 HP (Hight Performance) fixé de chaque côté, sur les ailes avant en bas de caisse, juste avant la portière, permettait de l’identifier.

La Mustang sera disponible en plusieurs versions de carrosserie durant toute la production : coupé, cabriolet, fastback.
Le fastback est une particularité de la Mustang à cette époque. Contrairement au coupé classique dont le pavillon s’arrête juste avant le coffre, celui du fastback descend lentement vers l’arrière jusqu’au-dessus du pare-choc, ce qui lui donne un air plus agressif et plus sportif.

La voiture est une 2 places, ou plutôt 2 + 2, c’est-à-dire qu’une petite banquette se trouve derrière les deux sièges avant. Mais lorsqu’on bascule le dossier on obtient un plancher plat derrière les sièges avant jusqu’à l’arrière du véhicule, pratique pour charger des valises.

La Mustang est toujours produite par Ford actuellement, mais celle dont nous parlons, et qui s’est inscrite dans la mémoire des passionnés d’automobile, est la Mustang produite pendant 5 années de 1964 à 1969. Elle s’éloigna par la suite de sa ligne initiale, même si la puissance de son moteur continua d’augmenter.
De nombreux événements ont contribué à populariser la Mustang en France et à la faire devenir une voiture mythique des années 1960.
Chacun se souvient, en effet, du film de Claude Lelouch, Un homme une femme, tourné en 1966 avec dans les deux rôles principaux Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée.
Ce film fut Palme d’or au Festival de Cannes et reçu l’Oscar du meilleur scénario de film étranger la même année.

Jean-Louis Trintignant est pilote de rallyes et vient retrouver sa belle, Anouk Aimée, sur les planches de Deauville avec sa Mustang de course, blanche, n° 145.
Il faut également noter la participation de Johnny Hallyday, en Ford Mustang, au Rallye de Monte-Carlo 1967 avec Henri Chemin, directeur sportif Ford en France et pilote automobile confirmé.
Mais celui qui a renforcé la renommée mondiale de la Mustang, ce fut Caroll Shelby. Pilote de course américain confirmé et célèbre, il a gagné les Vingt-quatre Heures du Mans en 1966 avec Roy Salvadory, sur une Aston Martin DBR1.

Caroll Shelby était préparateur mécanique pour Ford et savait augmenter la puissance des moteurs V8 de la Mustang pour en faire une bête de courses.
Les séries spéciales produites par Ford s’appellaient « Mustang Shelby » après être passées dans ses ateliers.
D’une certaine façon on peut dire que c’est dans cette période que se trouve la genèse de l’épopée de la Ford GT 40 dont Shelby fut l’un des géniteurs, après avoir préparé les fameuses AC Cobra pour la course, mais ceci est une autre histoire.

Pour l’anecdote, les spécialistes s’en souviennent, Ford a décidé en 1966 de créer une série limitée de Mustang à l’intention de la société américaine de location de véhicules Hertz. Toutes les agences furent dotées de Mustang Shelby spéciales de couleur noire, avec une bande dorée au milieu partant du capot avant jusqu’à l’arrière de la voiture. Elles pouvaient être louées par les clients intéressés.
Je me souviens en avoir vu une à l’agence de Tours à cette époque.

La « Mustang », comme on disait, fait partie intégrante du « rêve américain » en France. Elle véhiculait une image de liberté et de puissance, de conquête aussi.
Il y avait, parmi les passionnés, ceux qui restaient attachés au style plus abrupt des roadsters anglais, ou à celui plus raffiné des Italiennes agressives, et ceux qui étaient conquis par cette puissance dégagée par la Mustang.

Elle n’avait pas une vitesse de pointe élevée mais était capable de démarrer la première aux feux rouges en laissant les autres voitures « sur place ».
Chacun se souvient des Mustang cabriolet (appelées « convertible » aux USA) qui « croisaient » au bord de mer l’été, le conducteur cheveux au vent, le coude appuyé nonchalamment sur la portière, le bruit fougueux du moteur V8 immédiatement identifiable.

La Mustang de cette époque est devenue une voiture de collection très recherchée aujourd’hui, et plus particulièrement les séries spéciales telles que les Shelby.