La Panhard

/ Voitures /

panhard

La Dyna Z dénommée aussi « Panpan » par Jany Huguet

Pourquoi « Panpan » ? Il semblerait que ce nom lui ait été donné à cause du son très caractéristique qu’émettait le moteur lorsqu’il tournait. Il était si particulier qu’à chaque fois qu’une voiture arrivait tout piéton sur le trottoir, dos tourné, était capable d’identifier une Dyna Panhard, rien qu’à l’oreille.

La légende veut aussi que ce terme de « panpan » soit une contraction du mot « pantoufle » car lorsque la première Dyna Z fut présentée au public, avec sa carrosserie très arrondie, les commentateurs avisés la comparèrent à cette chaussure d’intérieur si confortable : la charentaise !
Néanmoins cette voiture était une Panhard, donc conçue et fabriquée par la plus ancienne des marques. En effet cette marque, du nom de ses deux créateurs, a vu le jour en 1886, et s’appelait « Panhard Levassor ». Dans les années 50 seul le nom de Panhard est resté.

La première Dyna Z est sortie des ateliers d’Ivry en 1954.
Elle est le fruit de recherches effectuées par le bureau d’étude Panhard sur l’aérodynamique et l’aluminium, ce qui donnera naissance, dans un premier temps en 1948, au prototype Dynavia.
En effet, pour des raisons économiques de l’après-guerre, Panhard, comme les autres constructeurs français, devait construire une voiture légère, confortable, présentant un coefficient aérodynamique (CX) peu élevé pour permettre une faible consommation d’essence et rester compétitif sur le marché de l’automobile.

Le bureau d’étude Panhard s’est appuyé sur trois paramètres pour concevoir la Dyna Z :
- la motorisation : la voiture était équipée d’un moteur bicylindre à plat de 851 cm2 » pour 42 chevaux (5 chevaux fiscaux) ;
- la carrosserie : utilisation de l’aluminium ;
- l’aérodynamique : des formes très arrondies, y compris le pare-brise sans aucun angle saillant.

Les deuxième et troisième caractéristiques sont complémentaires de la première pour obtenir une voiture correspondant aux performances de l’époque, à savoir 130 km/h – bonne tenue de route – faible consommation et confort.
Il faut noter les éléments très novateurs mis en œuvre par Panhard dans le domaine de la sécurité auquel il attachait beaucoup d’importance :
- le pare-brise éjectable en cas de choc ;
- les 4 roues indépendantes pour la
tenue de route
- un phare antibrouillard central à l’avant ;
- un feu de recul à l’arrière ;
- le réservoir placé sous la voiture devant la banquette arrière.

La particularité de la carrosserie très typée présente une face avant arrondie dépourvue de calandre, et le capot d’une seule pièce bascule vers l’avant pour permettre un accès facile au moteur. La prise d’air centrale pour le refroidissement, dans laquelle est inséré le phare antibrouillard unique, et son pare-chocs d’un seul tenant lui donnent un air « bon enfant boudeur » dont chacun d’entre nous se souvient.
Avec le bruit du moteur et la face avant rondouillarde il était impossible de ne pas reconnaître une Dyna Panhard, quel que soit son niveau de connaissance en automobile.
Sur le plan sportif, Paul Panhard, successeur de René Panhard à la tête de l’entreprise, était convaincu, comme son père, de l’impact primordial des résultats sportifs de la marque dans l’opinion publique et sur les retombées commerciales.

Aussi a-t-il permis aux voitures Panhard de s’illustrer dans les épreuves de compétition de l’époque.
Les Panhard, de par leur conception (roues indépendantes – moteur peu gourmand en essence - rendement optimisé – refroidissement par air - aérodynamique avant-gardiste), ont souvent brillé dans les courses de vitesse ou les rallyes en remportant la première place dans leur catégorie, notamment premières au classement à l’indice de performance aux Vingt-quatre Heures du Mans. Elles ont également participé au Rallye de Monte-Carlo.

Les préparateurs moteurs, bientôt constructeurs de voitures de course comme Charles Deutch et René Bonnet (c’est à partir des voitures de course de ce dernier que furent construites les premières Matra mais ceci est une autre histoire), créateurs de la marque DB Panhard, ont pour beaucoup participé aux victoires des mécaniques Panhard aux Vingt-quatre Heures du Mans.
De son côté l’entreprise Panhard participait activement aux courses de consommation, très populaires à l’époque et favorisées par les pouvoirs publics, comme le Mobil Economic Run qu’elle remporta plusieurs fois, ainsi qu’aux classements à l’indice énergétique dans certaines épreuves de vitesse.
Toutes ces victoires, soit directement avec des voitures de la marque, soit avec des voitures de course de petits constructeurs utilisant le moteur Panhard (DB – CD – René Bonnet), ont largement favorisé la réputation de la marque et de la Dyna Z.

La Dyna Z fabriquée de 1954 à 1959 a bénéficié de nombreuses modifications durant cette période au niveau technique, qui ont largement contribué à améliorer son confort et ses performances.
Il faut noter cependant le retour à l’acier pour la carrosserie à partir de 1956, seuls les ouvrants restant en aluminium. Dès 1957 la carrosserie sera fabriquée tout acier.
En effet le coût de fabrication en aluminium étant trop élevé, la répercussion sur le prix de vente de la voiture la positionnait trop chère par rapport aux autres voitures de même gamme sur le marché.
En ce qui concerne la motorisation la puissance passa de 42 chevaux à 50 chevaux en 1959 avec le moteur Tigre, pour compenser l’augmentation de poids provoquée par la carrosserie en acier et maintenir les performances initiales.

La Dyna Z a également existé en cabriolet, rare aujourd’hui et très recherché par les collectionneurs.
Mais déjà la nouvelle Panhard arrive, ce sera la
PL 17. Il s’agissait d’une nouvelle carrosserie, sur la même plate-forme que la Dyna Z, pour renouveler le modèle en l’équipant du moteur Tigre. Elle sera d’ailleurs appelée « PL 17 Tigre ».

Remarque :
La marque Panhard n’existe plus. Après une association avec Citroën en 1955 la marque fut absorbée par cette dernière en 1965. Puis la direction décida de cesser la production des Panhard.
Après avoir fabriqué les 24 CT (coach 2 portes) et 24 BT (coach 2 portes 2+2), esthétiquement très réussies, Panhard a cessé son activité en 1967.