La Saint-Amable

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La grande fête religieuse de Riom est la procession de la Saint-Amable du 9 juin. La chasse du Saint y est portée par seize Brayauds vêtus d’une veste de drap blanc plissée à l’ancienne mode. Leur gilet, leur culotte sont également du même drap; un jabot de dentelle, un chapeau de velours noir forme frégate et des gants blancs complètent ce costumé.

Sur le parcours de la procession, toutes les maisons sont tendues de draperies blanches rehaussées de fleurs épinglées, et les fenêtres sont garnies de tapisseries et d’oriflammes.

Autrefois les membres de la famille de Rochebriant-Chavance à laquelle appartenait Saint- avaient la prérogative de suivre la procession avec une aumusse de chanoine sur les bras, et de tenir la main sur la chasse pendant le parcours. D’ailleurs, le sceau de l’abbaye de Saint-Amable n’était autre que celui de la famille de Rochebriant, ce qui semblerait prouver que le fondateur de celte abbaye était de cette maison.

La chasse est suivie d’une, immense roue en fleurs, tournant sur un axe, et portée jadis par les personnes les plus considérables de la ville. L’origine de cette roue est assez curieuse. En 1635, la peste sévissait à Riom d’une manière terrible. Les échevins firent vœu de faire don à l’église de Notre-Dame de Marsat d’une quantité de cire suffisante pour faire un cierge aussi long que la distance (2 kilomètres) qui sépare Riom de Marsat. La peste cessa, et pour exécuter son vœu, la ville fit tremper dans de la cire fondue un fil de la longueur voulue, fil que l’on enroula sur une bobine en bois. Cette bobine fut transportée processionnellement à l’église de Marsat et suspendue à la voûte de l’église, en avant de la statue miraculeuse de la Vierge. Les années suivantes, une roue de cire de la même longueur était portée à Marsat ou le clergé paroissial venait la recevoir vers une croix située sur les limites des deux paroisses. La procession continuait sa route jusqu’à l’église où était chantée une grand’messe, à la suite de  laquelle la roue de cire était suspendue à la voûte, à la place de celle de l’année précédente. Et c’est en commémoration de ce vœu de la ville, qu’une roue de fleurs remplace de nos jours la roue de cire d’antan.

Bien des légendes se transmettaient jadis de génération en génération, telles la légende de la Croix de Fer ; histoires de diablotins (babauds) apparaissant parfois aux voyageurs allant de Riom à Châlel-Guyon, et la légende de cette poule noire qui pondait la nuit de Noël sur un énorme bloc de granit rose situé près de La Varène, sur l’ancienne voie romaine.

Ce monolithe est, sans doute, un débris de dolmen.

Jean de LACOSTE de LAVAL
Début du XXe siècle