La Simca Aronde

/ Voitures /

simca

L’ARONDE comme une hirondelle par Jany Huguet

En ancien français une « aronde » c’était une « hirondelle », l’emblème de la marque Simca.
Ce terme va d’ailleurs très bien à la nouvelle voiture créée en 1951 par Simca.
C’est Henri PIGOZZI, d’origine italienne qui a créé la société Simca (Société Industrielle de Mécanique et Carrosserie Automobile) en 1935.

La première Aronde est sortie des ateliers de Nanterre en 1951 et grâce à cette voiture Simca s’est rapidement hissée au même niveau que les marques françaises bien plus anciennes telles que Citroën, Peugeot, Renault ou Panhard.

La nouvelle voiture s’appelle « Simca 9 Aronde », avec un moteur 4 cylindres de 1 200 cm3 qui s’avéra être très fiable, et une carrosserie ponton, plutôt arrondie, à 4 portes.
Il s’agit de la première voiture de ce type en France et Henri Pigozzi fait figure de précurseur dans ce domaine. Le style de la voiture est très inspiré des voitures américaines de l’époque, avec des dimensions plus modestes.

La première Aronde a une carrosserie qui attire le regard, notamment avec sa calandre en forme de « moustache » pour les modèles fabriqués de 1951 jusqu’à 1953, la calandre étant plus arrondie sur les voitures produites en 1954 et 1955. Ce type de calandre était très caractéristique des Aronde de l’époque et c’est ce qui participait aussi à leur succès.
Il est intéressant de noter que la ligne de la voiture n’a cessé d’évoluer, ainsi que la calandre durant les années de production du modèle de 1951 à 1963.
Il en fut de même pour les peintures et notamment les tracés de couleurs différentes qu’on pourrait qualifier « d’américanisées ».
Simca était la seule marque à produire ce style de voiture populaire avec des teintes bicolores contrastées sur les flancs et le toit, et avec une baguette de l’aile avant jusqu’à l’aile arrière du plus bel effet. Ce type de décoration avait le mérite de personnaliser la marque sur le marché de la voiture française.
Une autre particularité de l’Aronde était ses pneus à flancs blancs dont elle était fréquemment équipée.

Henri Pigozzi, comme les autres constructeurs de l’époque, décida de s’attaquer aux records internationaux d’endurance pour montrer la fiabilité de ses voitures.
En 1957, une Aronde avec un moteur de 1 300 cm3 tourna sur le circuit de Linas Montlhéry pendant 100 000 km, à une vitesse moyenne de 113 km/h pendant 38 jours.
Elle avait été choisie au hasard sur la chaîne de montage. C’était donc la voiture de monsieur Tout-le-Monde sans préparation aucune.
Cet exploit fut intelligemment exploité par Henri Pigozzi pour promouvoir la marque Simca.

L’un des modèles produits à partir de 1957 était appelé « Montlhéry », avec une mappemonde en écusson sur la carrosserie, en référence à l’exploit, pour bien montrer la fiabilité de la voiture.
Il est intéressant de noter, en ce qui concerne l’aspect sportif, que le pilote et préparateur Amédée Gordini démarra sa carrière sportive sur des voitures de courses préparées avec des moteurs Simca .
Pour mémoire, Juan Manuel Fangio pilota une Gordini équipée d’un moteur Simca « gonflé » à 1 400 cm3 et remporta le Grand Prix de Marseille en 1949.
Ce fut également le cas d’un constructeur de voitures de courses de l’époque qui fabriquait, avec l’appui de Simca, les monoplaces Simca Deho.

Vous trouverez les différents modèles d’Aronde disponibles sur le marché durant la production dans l’encadré ci-dessous.
Les différentes appellations correspondant à la finition pour les berlines étaient Étoile 6, Élysée, et Élysée Matignon.
Pour l’anecdote, beaucoup d’entre nous se souviennent qu’à chaque fois que le propriétaire d’une nouvelle Aronde rencontrait un de ses amis et qu’il lui présentait sa nouvelle voiture, la même question revenait toujours : « Elle est équipée d’un moteur Flash ou d’un moteur Rush ? », et la discussion commençait sur les avantages de l’un ou l’autre.
Simca s’est, par ailleurs, démarquée sur le marché automobile de l’époque en créant des « coach ». Il s’agit de berlines 2 portes sans montant, comme on en trouvait beaucoup parmi les voitures américaines.

Deux modèles furent fabriqués par Simca :
-  Grand Large (coach de l’étoile 6);
– Monaco (coach de la P 60).
Ces modèles sont actuellement rares sur le marché des voitures anciennes et très convoités par les collectionneurs de la marque.
Il faut également citer les coupés ou cabriolets produits au catalogue de Simca :
– Plein-ciel (coupé) ;
– Océane (cabriolet).

Il est important de préciser que pour ces 2 types de voitures les carrosseries étaient sous-traitées par Simca à la société Facel Metalon, une entreprise de chaudronnerie et emboutissage de l’époque présidée par monsieur Jean Daninos (frère de l’écrivain Pierre Daninos auteur des Carnets du Major Thomson), et qui allait construire, plus tard, les Facel Vega, mais ceci est une autre histoire.
Le succès de l’Aronde ira bien au-delà de l’Hexagone, j’en veux pour preuve la présence de cette voiture dans une BD de Tintin, L’affaire Tournesol, où un taxi de marque Simca est utilisé par le fameux reporter.
Il est curieux de remarquer que les moteurs Simca furent aussi utilisés dans le milieu agricole.
Le plus bel exemple est celui du tracteur Pony de marque Massey Harris équipé d’un moteur d’Aronde.
Au total, 1 400 000 Aronde furent fabriquées par Simca, tous modèles confondus.
Aujourd’hui les amateurs collectionneurs de Simca peuvent se retrouver au Club Simca France.
Un musée des automobiles Simca en hommage à la marque a été créé courant 2012 à Poissy dans le département des Yvelines et il est possible de le visiter sur rendez-vous.

Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterPin on PinterestEmail this to someone
partagez !