L’Austin mini

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Austin Mini et Morris Mini “La Mini, elle a tout d’une grande” par Jany Huguet

La Mini est née en Grande-Bretagne en 1959. Elle portera le nom d’Austin ou de Morris selon la marque du groupe BMC* qui la construit. Elle s’appellera alors Austin 850 ou Morris 850 car le premier moteur affiche 850 cm3  soit 34 chevaux.
C’était une époque euphorique où tout semblait possible, mais il fallait cependant, déjà, compter avec les ressources pétrolières, donc avec les restrictions de carburant.
Pour relancer l’automobile en Grande-Bretagne et pour permettre à la population d’acquérir une certaine autonomie, le groupe BMC projeta de concevoir et fabriquer une voiture économique, familiale et peu coûteuse d’entretien.

Ce sera la Mini. C’est sous ce nom très particulier qu’elle restera dans la mémoire collective pendant les 41 années de sa production.
La commande est simple : fabriquer une voiture qui soit petite, peu chère et qui puisse transporter 4 personnes.
C’est alors qu’Alec Issigonis, ingénieur en chef chez BMC, a l’idée de fabriquer une voiture avec un moteur à l’avant, en position transversale pour tenir moins de place, équipée de petites roues pour limiter l’encombrement des passages de roues à l’intérieur.

La Mini est carrée et de ce fait peut loger 4 personnes sans difficultés. Elle est petite à l’extérieur mais grande à l’intérieur. C’est une traction avant ; il n’y a pas de passage d’axe de transmission à l’intérieur.
Ce qui fit le succès de la Mini, c’est qu’elle pouvait satisfaire aux besoins de chacun selon sa condition.
Une famille avec 2 enfants y trouvait une voiture familiale permettant de se déplacer le week-end sans difficultés tout en utilisant la Mini pour aller au travail la semaine.
Les jeunes adoptèrent la Mini, au début car elle était facile à conduire, ensuite parce qu’elle avait acquis une solide réputation de voiture de sport.
Elle servait de seconde voiture dans les familles plus aisées.

Puis elle devint la voiture de Madame en contribuant à son émancipation. La voiture était peu encombrante et permettait de circuler en ville facilement.
En fait tout le monde pouvait s’identifier à la Mini.

Aussi la Mini fut elle rapidement exportée, surtout en Europe, et plus particulièrement en France où elle connut un immense succès.
Chacun se souvient encore de la Mini de l’époque, d’autant plus qu’elle traversa les générations. Elle servit souvent de deuxième voiture puis, restant dans la même famille, devint la première voiture du fils ou de la fille de la maison.

Elle était dotée de peu d’équipements à l’intérieur, avec une planche de bord très simplifiée se résumant à un immense vide-poches avec un unique compteur central. En termes de confort il y avait deux petits sièges à l’avant, sans accoudoir central, et une petite banquette à l’arrière. Tout était « mini » dans la Mini.
Elle possédait deux portières équipées de vitres coulissantes et un petit coffre arrière.

Le système d’ouverture des portes était constitué par un « câble » en travers de chaque portière, à l’intérieur, sur lequel il suffisait d’appuyer pour ouvrir.
Sa maniabilité fit donc son succès, mais pas seulement. C’est son aspect sportif et nerveux qui la rendit célèbre. On se souvient des 2 rétroviseurs « obus » placés sur chacune des ailes avant.
À partir de 1969 la MK III sera équipée de vitres descendantes à manivelles et bénéficiera d’un certain nombre d’évolutions techniques, comme les freins à disque ou la synchronisation des vitesses.
La Mini fut fabriquée de 1959 à 2000, soit pendant 41 ans. C’est un cas de longévité assez rare concernant une automobile et qui mérite d’être souligné.
La plupart des évolutions techniques sont issues de la compétition. En effet le groupe BLMC* va travailler en partenariat avec John Cooper, un constructeur de voitures de course (Cooper Car Company créée en 1948) et plus particulièrement de Formule 1, qui sera sacré Champion du Monde des Constructeurs en 1959 et 1960 avec ses voitures pilotées par Jack Brabham.
Dès 1961 la Mini Cooper est créée avec un moteur de 1 000 cm3 préparé par les ateliers de John Cooper, puis dès 1964 le moteur est poussé jusqu’à
1 275 cm3, 90 chevaux, c’est la fameuse Cooper S 1 300.

La Mini Cooper sera engagée dans de nombreuses compétitions sportives avec succès. Elle est reconnaissable, entre autres, par ses jantes minilites.
S’il y a une course à retenir où la Mini Cooper
S 1 300 s’est particulièrement fait remarquer, c’est le Rallye de Monte-Carlo.

En effet après avoir participé plusieurs années la Mini Cooper gagna le Rallye de Monte-Carlo à trois reprises : 1964 – 1965 et 1967.
En réalité, la Mini Cooper S 1300 aurait dû gagner quatre fois le rallye, car elle arriva aux trois premières places en 1966 mais fut disqualifiée par les organisateurs sous prétexte qu’elle était équipée de phares non conformes au règlement !

Il y eut plusieurs types de carrosseries pour la Mini, dont la Mini Countryman, une sorte de mini-break avec un habillage de boiseries à l’extérieur et deux petites portes d’ouverture pour l’accès à l’arrière.
La plus significative et la plus marquante fut la Mini Moke, qui se voulait à l’origine un véhicule tout terrain mais qui fut en réalité utilisée comme une voiture de loisirs et de plein air. Elle était sans carrosserie ni portières, avec une capote, comme une mini Jeep mais très basse.

L’or se barre, film de Peter Collinson sorti en 1969 avec une musique de Quincy Jones, est un de ceux qui mettent en scène la Mini. C’est un film policier qui se passe en Italie et où l’on assiste à une folle course poursuite entre la police et trois Mini, une rouge, une blanche et une bleue, conduites par des gangsters qui viennent de voler des lingots. La Mini fut produite à plus de 5 millions d’exemplaires et il n’est pas rare d’en rencontrer une sur la route en usage courant, même si elle est maintenant l’objet de toutes les attentions des collectionneurs comme représentative d’une époque de l’automobile anglaise des années 60 à 70.
De nombreuses variantes de peinture étaient disponibles, dont la remarquable reproduction de l’Union Jack sur le pavillon.

Aujourd’hui la Mini est toujours fabriquée par BMW qui a racheté les droits de la voiture au groupe Rover en 1994, mais elle n’a plus rien à voir avec la Mini de l’époque si ce n’est son nom !

*BMC British Motor Corporation (1952)
* BLMC British Leyland Motor Corporation (1968)

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