Les devinettes

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BIEN qu’en Auvergne, pays montagneux, où les soirées d’hiver sont longues, on doive dire bon nombre de devinettes, on n’en a recueilli que fort peu, à peine un cent : une citée dans les Patois de Doniol, et six qui m’ont été communiquées par le Dr Pommerol, proviennent du Puy-de-Dôme ; le Cantal est mieux partagé ; il figure pour 6 ou 7 numéros dans les Devinettes de E. Rolland ; Mlle Bon en a publié à peu près autant dans la Revue des Traditions populaires, t. V, p. 204, c’est à peu près le chiffre que l’on trouve dans les Veillées auvergnates de A. Bancharel, qui dans sa Grammaire en a donné trois ; Lo Cobreto en a inséré une dizaine et M. H. M. Dommergues m’en a envoyé pareil nombre. Quant à la Basse Auvergne, M. Paul Le Blanc y a recueilli 36 devinettes, la plupart en patois, qui ont paru dans l’Almanach des Traditions populaires de 1883. M. V. Smith en donna 24 à Mélusine, t. I, c. 253, recueillies à la limite du Velay et du Forez (avec un plus grand nombre de ce dernier pays).   

a) De qu’es aco petassa bourrassa,
Sans qu’aucuno aguilho y asch passa ?
Qui est raccommodé, matelassé,
Jamais aucune aiguille n’y a passé ?
— Le ciel couvert de nuages.
(Cantal) 

(b) Petassa hourrassa
Dzamai ioun’ agulha
Ni’ ot passa.
— Lou tchiaou.
(Basse-Auvergne) 

De boun mathi anai au bois de Carcaille,
Y trouvai ma, sounaille,
De jour la perdai,
De neu la retrouvai ?
— L’étiala.
De bon matin j’allais au bois de Carcaille ;
J’y trouvai ma sonnaille ;
De jour la perdis,
De nuit la retrouvai ?
— L’étoile.
(Velay)   

Qui est-ce qui traverse puy et combe
Sans faire d’ombre ?
— Le son de la cloche.
(Cantal)   

Da que z’ei quo que sort di boue
Per ana leca leis pras ?
— L’aigua.
Qu’est-ce qui sort du bois
Pour aller lécher les prés ?
— L’eau.
(Basse-Auvergne)   

— Que couri, tiranteme ?
— De que t’en maisles, rat tiondu ?
— Où cours-tu, chiffon sans fin ?
— Que  t’importe, rat tondu ?
— Le ruisseau et le pré.
(Velay)

Deux siens amis,  ensemble ils véquirent,
Ils avaient quatorze ans quand ils naquirent.
— Les seins d’une  jeune fille.
(Velay)   

a) Quatre moutan au cià  I
Quatre battan la  rousà,
Et quatre apprestan le dina ?
— La vatsa.
Quatre montant au ciel,
Quatre battant  la rosée,
Et quatre apprêtant le dîner ?
— La vache.
(Velay)   

b) Quat’ qui battent lou tzemi,
Quat’ qu’apportent lou sparti,
Et quat’ qu’agaytent li cha.
Quatre qui battent le chemin,
Quatre qui apportent le déjeuner,
Et quatre qui regardent le ciel ?
— Une vache (4 pieds, 4 pis, 2 oreilles, 2 cornes).
(Cantal)