Michel Debré battu sur ses terres

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Lors des élections législatives de novembre 1962, la troisième circonscription d’Indre-et-Loire, celle de Loches-Amboise, était placée sous les phares de la presse nationale car, parmi les cinq candidats qui s’y présentaient, se trouvait Michel Debré, le chef du parti gaulliste, l’UNR (l’union pour la République).

En outre, jusqu’au mois d’avril précèdent, et depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958, Michel Debré avait été le premier ministre de la France.
Pendant toute la campagne électorale, cet homme d’état de premier plan n’avait pas ménagé sa peine, sillonnant les routes de sa circonscription avec son suppléant, Robert Buron (le député sortant qui avait accepté de s’effacer devant lui).

Au soir du 1er tour, le dimanche 18 novembre, Michel Debré arrivait en tête devant le candidat du parti radical Fernand Berthouin, un obscur garagiste du Grand-Pressigny, (15 588 voix contre 9579).

Au second tour, le 25 novembre, on assista à une forte mobilisation du corps électoral (78,25% de votants contre 67,58% au premier tour). Le monde paysan, touché depuis plusieurs années par une grave crise agricole, s’était mobilisé contre l’ancien premier ministre de la France, responsable selon eux de leurs difficultés.
Et, pour les commentateurs politiques et les journaux nationaux, le résultat du scrutin fit l’effet d’une bombe :  Michel Debré était battu ! Il ne recueillait que 46,67% des suffrages alors que Fernand Berthouin, devenu soudain une vedette nationale, en comptabilisait 53,33 % !

Amère défaite pour Michel Debré qui, humilié par cet échec subi sur ses propres terres, alla se faire élire député l’année suivante dans l’île de la Réunion !

B.B

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