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La fraîcheur de l’herbe

Histoire d’une gamme d’émotions de l’Antiquité à nos jours. Fayard

Qui n’a pas rêvé de se rouler dans l’herbe quand il était enfant ? Qui n’a pas apporté une chaise sur un coin de pré vert au printemps pour rêver ? L’herbe pousse, l’herbe est verte et le vert serait reposant. Cela tombe bien car nous sommes aujourd’hui à la recherche d’une couleur apaisante. Sur les balcons et les toits des immeubles, sur les trottoirs aussi on fait pousser un brin d’herbe pour combler notre soif de campagne.

Quand il a beaucoup plu il faut tondre la pelouse ou faire venir des moutons pour le faire à notre place. Mais une belle herbe basse nous permettra de rêver de déjeuners sur l’herbe comme ceux que nous admirons sur les toiles des grands peintres.

« L’herbe simplifie le monde et la pensée », elle se propage, elle est énergique, elle ressurgit, « elle invite à la rêverie, à la somnolence, au calme de l’âme ». Que de poètes ont célébré ses pouvoirs ! De Lucrèce à Pétrarque, de Ronsard à George Sand, de Lamartine à René Char ! Alain Corbin, l’historien des émotions évoque ces hommages rendus à l’herbe dans tous ses états, en brin ou en touffe, mauvaise ou folle et l’auteur nous emporte dans sa ballade verdoyante.

En lisant l’histoire de l’herbe, l’odeur du foin coupé, le bourdonnement des abeilles sur un carré d’herbe fleuri vous reviendra en mémoire.

Si vous feuilletez ce livre dans votre jardin, les pieds dans l’herbe fraiche et si des petits enfants jouent à coté de vous, je vous conseille de leur offrir « Les Bruits de la ferme » , un livre sonore à toucher et à admirer, paru chez Usborne où vous verrez, en même temps que vous les entendrez, courir les agneaux devant un chien rassembleur. Vous écouterez aussi les poules chanter et bien d’autres bruits printaniers qui surgissent dans un pré vert tendre. Grâce à ces deux livres qui paraissent vous pourrez parler ensemble, grands et petits, de la nature qui reprend ses droits au printemps, profiter des sons et des odeurs, de la mémoire et du rêve. A n’en pas douter, l’herbe réunit les générations.

Marieke Aucante