Pérouges au cœur de l’art

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Classée parmi les « Plus Beaux Villages de France », avec ses maisons datant du XVème et du XVIème siècles, ses rues pavées de galets, ses nombreux monuments historiques dont son église fortifiée et sa double enceinte de remparts, la très touristique cité médiévale de Pérouges, dans l’Ain, n’est pas seulement un lieu de visite ou de villégiature. En effet, Pérouges a été l’un des lieux de tournage du film « Les Trois Mousquetaires », d’après le roman éponyme d’Alexandre Dumas. Un premier film, réalisé par Henri Diamant-Berger est sorti en 1921. Il se décomposait en 12 épisodes d’une heure chacun. Le film a nécessité un budget de 3 millions de francs, une somme énorme pour l’époque, et mis en scène des centaines de figurants. Il fut tourné en partie à Chartres, au château de Chenonceau, et au bourg de Pérouges.
Cette version muette, en noir et blanc, fut suivie d’une version sonore, en 1932, réunissant une partie des acteurs de la première.

Un autre film, franco-italien, de Bernard Borderie, est sorti le 4 octobre 1961, toujours avec le même titre. Dans les rôles principaux, Gérard Darray y interprète D’Artagnan, Mylène Demongeot : Milady de Winter, Perrette Pradier : Constance Bonacieux, Georges Descrières : Athos, Bernard Woringer : Porthos et Jacques Toja : Aramis (les Trois Mousquetaires), Daniel Sorano : le Cardinal de Richelieu. Le film est partagé en 2 parties : Les ferrets de la reine, et La vengeance de Milady. Les scènes d’intérieur ont été tournées dans le Val-de-Marne, aux studios de Joinville. Les scènes d’extérieur ont été réalisées dans de nombreux sites de Côte d’Or, de l’Oise, des Côtes d’Armor et de Seine et Marne, le Bois de Boulogne à Paris, Marmagne, Montbard, Semur-en-Auxois, le Fort-la-Latte à Plévenon, les châteaux de Courcelles-lès-Semur, Marigny-le-Cahouët, Alincourt, Guermantes, Fleury-en-Bière, le domaine d’Armainvilliers à Ozoir-la-Ferrière, le cloître de l’ancienne abbaye Saint-Corneille à Compiègne ou encore la Cour Ovale du Château de Fontainebleau. Le roman d’Alexandre Dumas avait d’abord été publié, en 1844, dans le journal « Le Siècle » avant d’être 2 fois édité en volumes. Il fut également traduit en anglais.

Pérouges a servi comme lieu de tournage à certaines scènes « d’Angélique, Marquise des Anges », film franco-italo-allemand également réalisé par Bernard Borderie, en 1964, d’après le roman éponyme d’Anne et Serge Golon. Michèle Mercier y joue le rôle d’Angélique, Robert Hossein, celui de son mari, Joffrey de Peyrac, entourés, entre autres, de Jean Rochefort, Jean-Louis Trintignant…Le film, sorti en décembre 1964, connut très vite un gros succès commercial et fut diffusé plusieurs dizaines de fois à la télévision. Marquant le début d’une série de 5 films, il est fut suivi par « Merveilleuse Angélique », en 1965, « Angélique et le Roy », en 1966, « Indomptable Angélique », tourné en Sardaigne et en Tunisie en 1967, et « Angélique et le Sultan », tourné pour une bonne partie en Tunisie en 1968.

En 1947, Pierre Fresnay, Jean Carmet, Michel Bouquet, tournaient, avec Maurice Cloche, « Monsieur Vincent », d’après un scénario de Jean Bernard-Luc et Jean Anouilh. Racontant l’histoire de Saint Vincent-de-Paul, au XVIIème siècle, ce film se vit plusieurs fois récompensé par la Coupe Volpi du Meilleur Acteur au festival de Venise pour Pierre Fresnay et le Lion d’Or pour Maurice Cloche, en 1947, et, pour le film, une nomination au BAFTA Awards (British Academy of Film and Television Arts) en 1949, une nomination au Golden Globes du meilleur film international en 1950, un Oscar du meilleur film en langue étrangère en 1948, un Oscar d’Honneur en 1949, et le Prix du meilleur film décerné par la presse cinématographique belge. Pierre Fresnay y incarne le prêtre Vincent de Paul.

Pérouges a également accueilli des scènes de deux téléfilms historiques : « Charlotte Corday », réalisé en 2008 par Henri Helman, avec Emilie Dequenne, et « Isabelle disparue », de Bernard Stora, en 2010, avec, notamment, Line Renaud et Bernard Le Cocq.

La cité a inspiré des peintres plus ou moins célèbres, parmi lesquels Maurice Utrillo qui a peint le bourg en 1921 dans son tableau « Le jour ni l’heure ». Elle fut visité par des personnages illustres : la comédienne et chanteuse lyrique Yvonne Printemps, l’écrivain, poète et aviateur Antoine de Saint-Exupéry, ainsi que les présidents Albert Lebrun et, plus récemment, Bill Clinton.

Elisabeth Monnot