Quelques anciennes coutumes de Sologne

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Coutumes du XIXe siècle autour de l’enfance

Quand le cordon ombilical tombe, il faut se garder de le jeter ; il faut l’enterrer avec soin de nuit. Il ne faut pas peser un petit enfant : cela l’empêche de profiter.
Quand on passe sa chemise à un petit enfant on lui dit :
Prêchimoni, prêchimona,
Ma chemise entre mes deux bras,
Mon chapeau sur mes cheveux.
Un jour je rentrai dans un cabinet noir
Où je vis la Mort.
Je lui ai fichu trois coups de bâton.
Ai-je bien fait, mon Maître?
Oui, grosse bête !

Pour faire lever un enfant paresseux :
– Lève-toi, petit Limouna !
– Et poure quoi faire mon maître ?
– Eh pour aller travaya.
– Oh la le ventre, oh la le ventre !
– Eh lève-toi, petit Limouna !
– Et poure quoi faire mon maître ?
– Eh pour mandzé la soupe.
Et Ion Ion la, et Ion Ion la
Je n’ai plus mal au ventre,
Et Ion la, et Ion Ion la
Je me léva.
Quand un enfant chante à table : « Si tu chantes en mangeant, tu ne verras pas clair quand tu seras mort. »
Quand la mère rentre et que l’enfant demande : « Que me rapportes-tu, maman ?»
La mère répond : « Un petit neuf bordé de rouge. »
Il faut avoir soin, au moment de la naissance et pendant les premières semaines, de pétrir la tête du nouveau-né.

Coutumes du XIXe siècle autour du mariage

Avant le mariage : pour savoir le métier qu’aura le mari, on fait fondre du plomb et on le jette dans un seau d’eau froide ; d’après la forme qu’il a prise, on reconnaît le métier. Ainsi quand je le jetai, le plomb prit la forme d’une botte ; et en effet j’étais fiancée à un cordonnier. Pourtant je ne l’ai pas épousé.
Alors j’ai fait comme on fait chez nous : j’ai mis le pied sur le bois du lit, après avoir posé sous l’oreiller un miroir la face en dessus et j’ai récité :
Je mets mon pied sur le bois
L’anti-bois,
En l’honneur des Trois Rois Mages
Balthazar, Melchior et Gaspard ;
Montrez-moi pendant mon dormant
L’homme que j’aurai pendant mon vivant.
Je vis en effet en rêve un homme qui jouait du violon sur une estrade ; et plus tard je le reconnus quand il vint demander ma main, c’était un boulanger, mais il jouait souvent dans les bals de société.

Mariage : à Blois, c’était la mariée qui donnait la chemise de noces au marié. Le présent de noces se nommait : « cochelin ». Lors de la bénédiction à l’église, on observe comment brûlent les cierges des futurs époux ; celui dont le cierge brûle le plus vite mourra le premier.
Lors de mon mariage, mon cierge a brûlé très lentement et celui de mon mari très vite : en effet il est mort un an et demi après.
Ôter son alliance, c’est attirer le malheur ; si l’alliance tombe cela signifie dispute et désunion.
Lors du repas de noces, tous les assistants buvaient du vin chaud dans un pot de chambre neuf.

Ce texte est formé des réponses d’une femme de Sologne de la fin du XIXe siècle à un collecteur
de vieilles coutumes. Source indéterminée