Tours, capitale d’un art éphémère : le gemmail

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A la fin des années « cinquante », un nouvel art fit son apparition, « le gemmail », un art proche du vitrail qui utilisait la juxtaposition de morceaux de verre colorés, éclairés par une source de lumière venue de l’arrière, pour composer des tableaux.

Jean Royer, le bouillant maire de Tours, voulut faire de sa ville la capitale française – et même mondiale- de ce « gemmail » que certains appelaient déjà (un peu vite sans doute) le huitième art !

Une exposition permanente, une « gemmacothèque » fut installée à partir de mai 1963 sur les terrasses de la place Anatole France. On y voyait des œuvres originales et des œuvres inspirées de tableaux célèbres.

D’autre part, un « musée de la lumière », installé rue du Mûrier, témoignait de la naissance et de l’évolution de cette nouvelle technique.
En 1965, la municipalité commanda au peintre verrier tourangeau Pierre Petit, installé à Sorigny, une fresque monumentale d’une trentaine de panneaux (de 1,30m x 1,50m) sur le thème de « la Touraine, jardin de la France ». Cette œuvre monumentale était destinée à orner le futur pavillon du tourisme qui était en construction place de la gare.
Chaque année, un « grand prix international du gemmail » était décerné. Parmi les artistes récompensés, on peut citer le peintre Tony Agostini en 1966, Pierre Brayer en 1968 ou Pierre Ambrogiani en 1969.

« Si j’avais trente ans de moins je serais gemmiste », s’écriait le peintre Braque…Mais bien peu d’artistes partageront son engouement pour ces œuvres de verre !
Malgré les efforts faits par la ville de Tours pour sa promotion, le gemmail ne réussit pas à s’imposer comme un art à part entière…Et le musée qui lui était consacré a définitivement fermé ses portes.

B.B