Un poète angevin méconnu : Germain Colin Bucher…

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Je parie que ce nom vous est inconnu, comme il l’était de moi avant que je le connusse…

Ce brillant émule de Clément Marot, né en 1475 et mort en 1545, avait été oublié et ses œuvres perdues… croyait-on, jusqu’à ce qu’on les trouve à la Bibliothèque nationale (preuve qu’elles n’étaient pas totalement perdues… seulement oubliées). Ce découvreur, c’est un journaliste angevin, Joseph Denais, qui effectuait des recherches sur un tout autre domaine…
Dans certaines de ses pièces, Germain Colin a parlé des fêtes qui avaient lieu en Anjou à son époque. Ainsi la mode des œufs de Pâques existait déjà puisqu’il en parle dans une poésie adressée À deux sœurs : c’est en françois de l’époque… bien entendu…

« Tenez mes sœurs, vela vos œufs de Pasques :
Ils ne sont pas de nos poulles communes
(…)
Ce sont des œufs ponnus entre deux lunes … »

(On disait alors ponnu pour pondu, et ce mot existe encore en patois angevin…)
Le 1er mai, on avait la coutume d’envoyer des fleurs à ses meilleurs amis en guise de cadeau. Mais les fleurs fanant… Aussi, Germain Colin Bucher avait pris l’habitude d’envoyer des bouquets… en vers, ce qui dure nettement plus longtemps.
Ainsi, un rondeau adressé à l’abbé de Saint-Aubin :
« Rondeau, tenez, Monsieur, pour votre Mai,
Car je n’ai plus violettes ni fleurs.
Le Dieu d’amour qui me tient en émoi
A fait changer toutes mes fleurs en pleurs. »

Curieusement, notre poète angevin n’a pas parlé de la fête du Sacre, pourtant bien implantée en ville et cela depuis quelques décennies.
En revanche, il a chanté avec ferveur la fête de Saint-Martin car c’était une occasion de joyeuses beuveries… Il paraîtrait que la « vigile Saint-Martin » était chômée par « les amys de la bouteille » comme il l’a écrit :
« Gentilz pions, amys de la bouteille,
Qui vous levez pour mieulx boire matin,
Je vous requers que chascun s’apareille
Pour célébrer la feste Saint-Martin… »

De cette fête il ne reste plus que la foire Saint-Martin qui se déroule tous les ans à l’automne place La Rochefoucault…

Gérard Nédellec
(sources : Revue des traditions populaires, 1894)